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BAUDOT (de) Anatole

(1834 - 1915)

Le Chantre du ciment armé.

Né le 14 octobre 1834 à Sarrebourg (Moselle), Anatole de Baudot suit la formation d’architecte à l’école des Beaux-Arts, auprès de l’architecte Henri Labrouste, chef de l’Ecole rationaliste (ou fonctionnaliste). Elève préféré de Viollet-le-Duc, Anatole de Baudot suit son enseignement avant de travailler à ses côtés. C’est ainsi qu’en 1867, il participe aux travaux de restauration de la chapelle du château de Vincennes, puis est nommé architecte de ce monument en 1871.

En 1875, il est nommé Inspecteur général des édifices diocésains, puis le 27 mars 1879, il devient membre de la commission des Monuments Historiques, puis en assure sa vice-présidence en 1880.

Parmi ses nombreuses conduites de restauration d’édifices religieux, on peut noter la restauration  du portail occidental et des flèches de la cathédrale Notre-Dame-de-l’Assomption de Clermont-Ferrand, celle de l’église de Saint-Nicolas-Saint-Laumer à Blois, et en Corrèze, la restauration de l’église abbatiale Saint-Pierre de Beaulieu-sur-Dordogne, de l’église collégiale Saint-Martin de Brive-la-Gaillarde et de l’église Saint-Pierre d’Uzerche.

Anatole de Baudot est avant tout un théoricien qui consacra une grande partie de son existence à défendre les concepts de son maître Viollet-le-Duc. 

Le lycée Lakanal en 1882 (©DR)
L’église St-Jean-de-Montmartre, à Paris où Baudot a utilisé le ciment armé. (© ACPresse)

Ses chantiers importants datent des années 1882-1904 avec la construction du lycée Lakanal à Sceaux (1882), du lycée Edmond-Perrier à Tulle (1887) où il met en œuvre une polychromie des façades à base de briques, faïences et métal comme au lycée Lakanal, du lycée Victor-Hugo à Paris (1894), de l’église Saint-Jean de Montmartre à Paris (1894-1904) où il utilise le ciment armé « système Cottancin », procédé économique de construction breveté par l’ingénieur du même nom (voûtes minces raidies par des nervures et piliers élancés) et enfin du théâtre Les 7 collines à Tulle (1899-1902) avec mise en œuvre de voile mince en ciment armé pour le dôme de la toiture. 

En 1887, il devient le premier et seul titulaire de la chaire d’architecture française du Moyen-Age et de la Renaissance créée au Trocadéro, et en 1907 il est nommé Inspecteur général des monuments historiques.

Ses réalisations se situent entre 1860 et 1914, deux dates encadrant une période où des idées et techniques révolutionnaires refondent une nouvelle architecture. Anatole de Baudot participe à ces controverses et expériences. De 1863 à 1880, pendant les années de l’éclectisme, il produit des œuvres classiques avec des matériaux traditionnels, mais aussi des demeures privées au parti décoratif plus inventif. A partir des années 1880, il participe au renouvellement de la création architecturale en introduisant de la modernité, et à partir de 1890, il emploie systématiquement le ciment armé dans les édifices qu’il conçoit, et parfois dans  ceux qu’il restaure, tel le donjon de Vincennes. Il choisit le “système Cottancin” qui utilise de minces dalles et voiles de ciment armé renforcées par de fines nervures, et qui lui offre, en tant qu’architecte, la possibilité de revenir au principe de l’unité de structure abandonné depuis l’Antiquité.

A ses yeux, le ciment armé présente l’avantage d’abolir la distinction entre l’architecture riche et pauvre, si fortement marquée dans l’architecture de pierre, et de « ramener cette architecture à son véritable rôle de construction et non plus de décor ». Si le ciment armé revêt tant d’intérêt pour l’architecte, c’est qu’à la différence du fer, il peut être à la fois ossature et enveloppe de l’édifice.

Il décède le 28 février 1915 à Paris à l’âge de 80 ans.