AFGC

Pont Valentré (1308-1380)

Cahors, cité très ancienne, connaît au XIIIe siècle une période d’intense activité commerciale et financière ; le trafic routier et fluvial se développe grâce notamment à l’exportation de vin. Toute cette activité provoque, au XIVe siècle, la construction du pont Valentré. Cet ouvrage règle le passage sur la rivière Lot. 

La tour centrale sert d’observatoire tandis que les tours extrêmes filtrent les passages grâce à des portes doublées de herses. Un corps de garde est ainsi abrité sur le pont.

L’architecture défensive du pont est tellement dissuasive qu’il ne fut jamais attaqué, ni par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, ni par Henri de Navarre qui assiégea Cahors en 1580.

Sous l’impulsion des Consuls de Cahors, la construction du Pont Valentré débute en 1308 et s’étend sur plus de 70 ans en l’absence de certitude, quant à la fin du chantier entre 1378 et 1380.

Sa forme en dos d’âne, peu prononcé en rive gauche et marquant un profond dénivelé en rive droite, atteste de l’adaptation de la construction à la nature même du terrain.

Il comporte 8 arches brisées (actuellement 6 en rivière d’une ouverture de 16,40 m et 1 sur chaque rive), 3 tours-portes de 40 m de hauteur avec 3 ou 4 étages à machicoulis et à toits pointus, des avant-becs triangulaires montant jusqu’au parapet, des arrière-becs rectangulaires, des cordons d’archivolte, et des passages traversants dans les avant-becs, qui sont les vestiges d’un passage de service utilisé pendant la construction. L’ouvrage a une longueur de 172 m, dont 125 m environ au-dessus de la rivière.

L’édifice est restauré en 1879 par Paul Gout, ancien élève de Viollet-le-Duc, qui rajoute une sculture représentant un diable sur la tour centrale, clin d’œil à la légende selon laquelle le démon aurait apporté son aide à la construction de l’ouvrage.  Ce chantier permet également la mise en place du système d’adduction et de distribution d’eau potable et l’utilisation du pont comme aqueduc.

  

Ce pont fortifié médiéval compte parmi les plus représentatifs et les mieux conservés d’Europe.

En 1840, l’édifice est classé sur la première liste dressée pour les monuments historiques.

En 1998, le pont est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO dans le cadre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France.

De nombreuses faiblesses sont constatées sur l’ouvrage et, en 2019, une étude sanitaire exhaustive est confiée à Frédéric Martorello, Architecte du Patrimoine, et Rémy Fromont, Architecte en Chef des Monumets Historiques. Elle permet de dresser un bilan sanitaire général et de proposer un programme pluriannuel de travaux. 
Même si les investigations par géo-radar et analyse visuelle subaquatique des piles, ont permis d’établir l’absence de faiblesses structurelles majeures, il n’en demeure pas moins qu’une restauration totale de l’édifice s’impose.

Lancement du projet de restauration en 2024

Un appel d’offre national est lancé et s’achève à la mi-octobre 2024. Après analyse des 5 offres, la maîtrise d’œuvre du projet de restauration s’est vu attribué à Stéphane Thouin, du Cabinet Stéphane Thouin Architecture, Architecte en Charge des Monuments Historiques.  

il est proposé un programme pluriannuel de travaux :

  • Janvier à septembre 2025 : mise à jour des diagnostics du bâti, élaboration du projet de restauration, son budget prévisionnel et son phasage ;
  • Septembre à novembre 2025 : Consultation auprès des entreprises susceptibles d’intervenir sur le chantier ;
  • Décembre 2025 à février 2026 : Analyse des offres et attribution des lots aux prestataires retenus :
  • Mars 2026 : Lancement de la restauration ;
  • 2031 : Fin prévisionnelle des travaux.

Ce programme général de travaux consiste en la restauration des parties très dégradées ou lacunaires du pont, permettant de garantir un bon état de conservation de l’ensemble monumental dans le temps long tout en préservant l’authenticité de cet ouvrage.

 

Une vidéo présente les désordres

Une vidéo a été réalisée par la Ville de Cahors, avec la participation de l’agence Eurê-K, afin de présenter plus visuellement les désordres affectant le pont (voir ci-dessous).