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Viaduc du Viaur – 1902

   

Viaduc du Viaur : vue d'ensemble


Au cœur du Ségala, entre Aveyron et Tarn, le Viaduc du Viaur permet au train (ligne Carmaux-Rodez) de traverser la vallée du Viaur. Avec ses 3 800 tonnes d’acier, il semble cependant très léger. C’est l’ingénieur Paul Bodin, salarié de l’entreprise Batignolles, qui a conçu et réalisé ce remarquable ouvrage métallique. Pour cet ouvrage, il était en concurrence avec la société de Gustave Eiffel et 3 autres entreprises (Daydé et Pillé, Société des ponts et travaux en fer, maison Seyrig).

Les travaux ont duré 6 ans, 200 ouvriers spécialisés et une main d’œuvre locale sont intervenus sur le chantier. La réalisation de la maçonnerie débute en novembre 1896 côté tarnais, et se termine en décembre 1889 côté aveyronnais. Le montage de la structure métallique commence en mars 1897 sous la responsabilité de l’ingénieur en chef Rosario de Volontat et de Jean Compagnon, qui fut chef de chantier du viaduc de Garabit et de la Tour-Eiffel. 

Il a été nécessaire d’installer un câble transbordeur de 4 tonnes pour transporter les tronçons assemblés au-dessus du Viaur. Le 4 juillet 1902, les demi-arcs terminés, sont reliés au point X (schéma ci-contre) par la clé articulée. L’ouvrage est  inauguré le 5 octobre 1902.

Ce pont en acier, assemblé par rivets, est composé de deux poutres en porte-à-faux équilibrées (technique cantilever) et articulées, chacune prolongée par une courte poutre à section constante et une culée en maçonnerie à deux arches. 

C’est le seul pont de ce type en France. A l’origine le point central du pont n’étant pas soudé, l’arche principale est donc scindée en deux parties indépendantes capables de soutenir chacune un poids considérable. Paul Bodin met ainsi en œuvre le principe des arcs équilibrés d’une seule portée dont il est inventaire du concept. Peu de temps après l’achèvement des travaux de construction du viaduc, les deux parties furent soudées pour des raisons exclusivement liées à la maintenance de l’ouvrage.

Cette véritable dentelle aérienne avec un tablier de 460 m de long s’élève à 116 m au-dessus du Viaur.

Ses principales caractéristiques :

  • un arc central de 220 mètres
  • 2 encorbellements de 69,6 mètres
  • 2 travées de raccord de 25,4 mètres
  • acier laminé : 3 245 tonnes,
  • fer : 371 tonnes,
  • acier coulé : 88 tonnes,
  • fonte : 29 tonnes,
  • environ un million de rivets (en fer au début, en acier ensuite) : 147 tonnes.

Par arrêté ministériel du 28 décembre 2021, l’État a décidé de le classer Monument Historique en raison de l’originalité de sa conception par l’ingénieur Paul Bodin.
Actuellement, l’association « Valorisation du Viaduc du Viaur » œuvre pour son inscription à l’UNESCO au même titre que 5 autres viaducs, dont celui de Garabit.